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Yachting Classique - Griffon 2006

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18 novembre 2014

Partir au lof

viking-series-history-channel

Chacun de nous voit malheureusement assez bien de quoi il retourne : partir au lof consiste, en général à l’insu de son plein gré, à subir brutalement un changement de route immaîtrisable, qui peut se finir le plus souvent par quelques dégâts collatéraux à bord, notamment la chute du plat de pâtes cuisiné la veille avec amour par l’équipière de votre vie.

Et je ne vous parle pas de l’état du spi, transformé en chalut.

Bref, un désastre.

L’origine de l’expression est restée longuement inconnue jusqu’à ce que le Centre Scandinave de Recherche Historique nous en donne enfin une explication.

C’était vers l’an 970, sur la petite ile de Tür, dans le Limfford de l’actuel Danemark.

A cette époque mouvementée, le Viking trouve chez lui un repos bien mérité entre deux expéditions lointaines, sur les côtes anglaises ou françaises, selon  l’humeur du moment et les vents dominants.

L’abondance en vierges locales joue aussi un grand rôle dans le programme de navigation

 

Olaf est un de ces robustes indigènes, le verbe haut et le casque emplumé. Sa réputation est redoutable, presque autant que celle de Harald à la dent bleue, son copain de virée.

C’est vous dire.

Oui mais voilà.

Olaf a rapporté de la bataille de Cornouailles une très vilaine blessure à la cheville, qui le fait terriblement souffrir dès que le temps est humide, c'est-à-dire à peu près chaque jour dans ce pays hydrométriquement défavorisé.

Et qui lui donne une démarche chaloupée, à l’orientation souvent incertaine.

Olaf est alors vite de mauvaise humeur. Surtout quand Hildegarde, sa Hüsfreya à la carrure d’athlète, femme de tempérament, le houspille en jurant. Elle ne supporte pas qu’on mette le nez dans ses marmites de Thorrablot, le ragout roboratif local.

Reste la taverne du coin, refuge des anciens combattants dans tous les pays et à toutes les époques de l’histoire.

Olaf ne boit pas modérément.

Il engloutit.

Il tente de se faire croire qu’il embarquera à nouveau pour découper du chrétien,   piller l’or des églises,  et ramener quelques filles girondes.

Tout ça est bien tentant, il est vrai.

Quelques chansons plus tard, Olaf est cette fois totalement ivre, comme presque chaque soir.

Mais il faut rentrer, vu que Hildegarde ne plaisante pas avec les horaires et que le Thorrablot doit se manger chaud, gloire militaire ou non

Le départ d’Olaf est un spectacle que les enfants ne manquent jamais.

Au début, il va assez droit.

Mais de temps à autre, remontée d’hydromel ou douleur aigue de la cheville, va savoir, la trajectoire d’Olaf prend un angle bizarre du meilleur effet.  

Le trajet en est allongé d’autant.

Le Thorrablot est froid.

Hildegarde menace de rentrer chez sa mère .Oui, déjà à cette époque.

Les enfants de tous temps étant cruels comme on sait, ils appellent ça « partir comme Olaf ». Et de pouffer de rire.

L’expression devient vite populaire dans tout le Danemark

On y fait appel  chaque fois que quelqu’un  a trop bu ou quand un cheval fait un écart ;

Il est attesté dans les annales des Saint Bertin qu’un charretier du nom de Glübleif avait copieusement insulté son cheval en  lui reprochant  de « partir comme Olaf. »

Vers 1480, juste avant que les espagnols succèdent au vikings dans l’exploration de l’Amérique, un capitaine Espagnol qui doit tenter avec la Santa Christina, une robuste , de longer la cote africaine, embarque comme scribe un vieux moine cistercien qui a passé une partie de sa vie à finir de christianiser les vikings, et qui parle encore couramment le norrois, ce sabir joliment guttural.

Au large de l’actuelle Mauritanie, par un vent de terre chaud et capricieux, une risée brutale   fait pencher la Santa Christina et l’entraine bout au vent

Le vieux moine s’écrie derechef « Ola , on part comme Olaf. »

Le capitaine Francisco Sotomayor y Oloa entend la chose, la répète, la consigne dans son livre de bord.

Puis, plus rien pendant plusieurs siècles. Olaf à disparu.

Dommage.

Pour une raison inconnue, l’expression déformée revient dès le début du XVIIème.

Partir au Lof est citée pour la première fois en 1784 par Bourdé-Villhuet, capitaine des vaisseaux de la compagnie des Indes.

Et depuis, sans discontinuer, on part au lof sans la moindre pensée pour ce brave Olaf, qui lutine les petites au Walhalla des Vinkings et boit des coups avec Olin et Thor, ses Dieux préférés.

Voilà.

Vous savez tout.

Reste à mieux attacher le plat de pâtes sur le réchaud à cardans pour éviter les dégâts du départ au lof.

Quand au Thorrablot, veillez à bien le manger chaud.

Mais ceci est une autre affaire…

 

 

Captain Bioman of Griffon.

Philologue

Commodore du Royal Wet & Sea

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29 juillet 2013

Une nuit d'été aux Ecréhous...

Les Ecréhous - Lever de Soleil juillet 2013

Juste pour le plaisir des yeux, qui d'ailleurs ne peuvent pas voir ça... Le miracle de la photo panorama vous offre une vue à presque 360° de ce que l'on peut voir très tôt le matin (5h30) par temps calme au lever du soleil sur les rochers perdus des Ecréhous, quelque part entre Jersey et la presqu'ile du Cotentin. A peine le clapotis du courant induit par la marée... Ici nous sommes à marée basse pratiquement à l'étale, donc peu de courant juste avant que la mer ne remonte.

Attention l'accès à ce site majestueux est réservé aux avertis, tant le passage entre les cailloux est périlleux pour qui ne connait pas l'endroit. Mais une fois au mouillage, quelle beauté, quel calme seulement dérangé par les cris des cormorans et des sternes.

Le paradis quoi !!

 

12 février 2011

Le Triangle des Bermudes

A propos du   Triangle des Bermudes: la vérité vraie.

triangle_des_bermudesOn s'interroge, on débat, on s'interpelle sur l’origine de l'expression "Triangle des Bermudes" .

L'histoire remonte en fait au siège de Maastricht, qui avant d'être le nom d'un traité difficilement prononçable   par un citoyen ordinaire, a été, vous vous en souvenez la
bataille ou pérît d'Artagnan, le vrai, l'authentique, le   mousquetaire du roi. Grande gueule, mais sympa. On en connait tous. Et c'est courant chez le militaire. Chez le Mousquetaire,  c'est la règle. Chez le plaisancier, c'est une option souvent choisie.

D'Artagnan était , en sus de ses amitiés   viriles et arrosées avec ses trois autres comparses , très lié avec un certain Müdde, aubergiste de son état, grand pourvoyeur de diner festifs.

Ce bon Müdde, le tenancier, honorablement connu dans son village de Maastricht, se faisait appeler le père Müdde, comme il est courant à cette époque et plus encore chez les Bataves  

On se rappelle qu'à cette époque, ces gens étaient nos ennemis. Ou le contraire. C'est selon. Car, comme le disait finement Desproges, le grand philosophe, "l'ennemi est con. Il croit que c'est nous l'ennemi. Alors que c'est lui.".

 Müdde, à la mode de son époque, portait beau et s'affublait d'un magnifique chapeau à plume comme nous en avons tous vu dans la peinture flamande. Par exemple, dans le célèbre "Ronde de nuit", où toute une bande de types armés jusqu'au dents cherchent dans le noir quelque chose que les historiens de l'art n'ont jamais pu identifier:

Donc, ce bon père Müdde, est habillé comme à son époque avec un tricorne et une plume. Sur le tricorne, la plume, et non pas, comme j'entends ricaner dans mon dos, à un endroit que la morale réprouve. Encore que la morale soit en réalité souvent muette sur ces pratiques, ce qu'on pourrait regretter.

Müdde, et c'est là que la chose devient vraiment intéressante, la veille même du début de la fin du siège de Maastricht, sort devant sa terrasse pour prendre un petit moment de repos ma foi bien mérité.
On sait que c'est pas si facile de servir une horde de mousquetaires impatients quoiqu'emplumés. Et assoiffés, quoique à cheval.

Pour s'éponger le front, comme tout un chacun, il pose son tricorne Une bourrasque l'emporte.
Zut alors.
Envolé le chapeau à plume. Exit le tricorne.
Introuvable .
Disparu.
On cherche.
On retourne tout.

 

Arrive une escouade de mousquetaires du Roi, à la recherche d'un terrain de jeu On s'interroge. C'est quoi toute cette agitation ? Qu'est ce qui se passe ?

"il a disparu le tricorne du Père Müdde" tente d'expliquer dans son sabir le maitre-queux de l'auberge, fidèle second du père Müdde, établi avec lui comme son propre père avant lui et ainsi de suite en remontant jusqu'à sept générations,.

 

Disparu où ? Questionne un lieutenant plus malin que les autres, comme c'est normal chez les Mousquetaires.( Voilà une organisation sociale, le mousquetariat , qui respecte les règles que le bon sens nous donne: les plus malins commandent, les autres font ce qu'il   peuvent pour devenir plus malins. C'est de là qu'est né le fameux "théorème de Peter". Et les pratiques de la Royale..)

"Chai pas", répond un batave en mâchouillant sa saucisse. "Il a dichparu, le tricorne du père Müdde".

Le lieutenant, amputé de l'oreille gauche par un malencontreux coup de sabre à la suite d'une rixe, répète ce qu'il a compris "Ah, il a disparu à tribord du Père Mûdde" ? ! Etonnant ? Vous êtes sûr ??"

"Chai pas reprend l'autre. Che crois que ch'est plutôt que tout dichparait, tout lache, tout pache, sauf la potache d'Alchache"

Cette vieille plaisanterie alsaco-batave, qu'ignore le lieutenant, ne le fait pas rire.
C'est qu'on est chatouilleux, dans le mousquetariat.

"Je vais t'en faire voir, moi de la potache."

Incompréhension.
Insultes.
Bagarre.
Coups de poings.

Le Batave, handicapé par sa saucisse en cours de machouillage, plie devant le mousquetaire, recule, tombe dans le tricorne que personne n'avait vu. Et reste coinché. Euh, coincé.. (j'ai oublié de dire qu'à l'époque, on ne mollit pas sur l'amidon dès lors qu'il   s'agit d'avoir le tricorne triomphant).
Fin de   l'épisode.

triangle_des_bermudes_peintureL'anecdote se raconte, bien entendu.
On s'en vante.  
On la répète à l'envie.
L'histoire de ce "pauvre batave, disparu dans le tricorne du père Müdde" se relaie de régiment en régiment, court partout, atteint les ports, se raconte au bistrot du coin, fait rire des générations de marins assoiffés, se déforme.

En 1834, à Douarnenez, on relève pour la première fois l'expression "le pauv' gars, il est tombé sur la tringle des basses mures, et il a disparu".
Les linguistes relèvent sans comprendre. L'expression n'a aucun sens.

L'histoire continue cependant de courir partout et de faire hurler de rire les marins de tous bord, Portugais de retour de terre-neuve, marin pêcheurs de la baie de Somme, pêcheurs de coques pourtant si dur au mal.

En 1869, le capitaine de corvette De Gaillard relève dans la baie d'Along, à l'occasion d'une patrouille en jonque, l'expression "on est planté. Pas de zef, mon capitaine. On se croirait dans le triangle du Père Fouettard".
Le fait est avéré. Le Capitaine de Gaillard fera d'ailleurs une note à l'Amirauté pour se plaindre "des déficits de formation des nouvelles générations de matelots, lesquels devraient plutôt se concentrer sur l'apprentissage des manœuvres plutôt que de répéter des expressions difficiles à comprendre, susceptibles de gêner la manœuvre, déjà que l'indigène n'est pas forcément paisible dans ces contrées lointaines et qu'on ne sait jamais ce qu'ils pensent, ces faces de citrons".
La requête n'a pas de suite.

En 1904 ou 1905, pendant les préparatifs de l'expédition à Nankin, un "'sous off" des troupes de marine, corps d'élite, engueule un subordonné en le menaçant "de le faire disparaitre dans le triangle des Bermudes". Le dit subordonné  reste coi. Le motif de la querelle n'a pas été consigné.
Le commandant Spiralou, bon marin d'origine Grecque naturalisé à sa demande en 1887, relève l'expression et lève la punition.
On trouve mention de cet incident curieux, complétée d'une annotation dans son carnet de bord, qui finira déposé au pavillon de Breteuil à Sèvres..

Le petit neveu dudit Commandant Spiralou retrouve le carnet, le transmet aux autorités.

L'expression est adoptée.

En 1937, lors de grandioses manœuvres communes avec la flotte de sa Majesté, l'amiral français câble à son collègue Britannique   dont le navire menace de croiser sa route le message suivant " Virer sur votre bâbord ou je vous fais disparaître dans le triangle des Bermudes"
Le H.M.S Glory s'exécute.
Et câble à son tour "OK mais c'est où, votre p... de triangle des Bermudes ??   "

"Tu crois peut-être que je vais te le dire ?" rétorque l'amiral Français qui a suffisamment d'expérience pour savoir que l'anglais est   fourbe et qu'on ne donne jamais ses bons coins de pêche.

Et c'est ainsi qu'est entrée dans les mœurs navales et halieutiques l'expression sur laquelle vous vous interrogeâtes sans succès   mais dont vous connaissez désormais l'origine.

Par la même occasion vous avez là l'origine des griefs qui devaient mener au drame de Mers El Kebir.

Captain Bioman of Griffon.
Taxinomiste.
Archéologue.
Breveté de 50 m Nage-libre

12 février 2011

WET and SEA

 

tee_shirt_mouill_Contrairement à ce qui se dit, l’expression « Wait and See » n’est pas à l’origine un éloge de la procrastination.

C’est en réalité la déformation, au fil du temps, d’une vieille expression Galloise, utilisée par les naufrageurs des Iles Scilly.

Le Captain Bioman of Griffon, taxinomiste et philologue halieutique, nous en rappelle l’étonnante histoire.

 

 

C’était dans la toute dernière partie du XVIIIème siècle, avant la vapeur, à un moment où la main de l’homme peinait  sur le bois mort plus souvent qu’à son tour, et où le pied marin valait encore quelque chose.

 

Dans ces temps pas si lointain si on y pense, pas beaucoup plus en tout cas qu’une dizaine de générations, les habitants des Isles Scilly vivaient encore volontiers des naufrages, spontanés ou provoqués, qui ont toujours fait l’agrément du coin et servi à meubler les bars et les masures locales.

 

(Voir à ce sujet le courant passer entre Guch et St Mary un jour de grand coeff., pour comprendre la misère locale et les angoisses. Et pour se demander si la pétanque en salle n’est pas finalement un sport assez attractif ?)

 

Il faut dire que naviguer dans ces coins mal famés, sauf masochisme avéré, ne peut venir que d’une erreur de route, ou alors d’une urgence de type hydro-maltoïde, le fameux pub Mermaid étant déjà ouvert à cette époque à St Mary.

 

Bien que très entraînés à leur rude vie de pêcheurs, les îliens de l’époque goûtaient  avec délice les rares journées moins brumeuses que le ciel leur offrait de temps à autre. Pas plus qu’en fois ou deux l’an, il faut bien le dire.

Le reste du temps, la laine mouillée leur grattait le dos et la botte de cuir huilé leur créaient des cors au pied et des rhumatismes de belle facture. (quoique gratuits)

 

C’est dans ce contexte climatique et culturel qu’est née bien entendu l’expression la plus populaire du pays : « Alors, wet at sea » ? (qui signifie, en gros : « alors , tu t’es encore fait rincé ?! », ce qui est un peu l’équivalent pour un marin local du fameux « Salut mon copeau » pour un menuisier.

On voit la finesse.

 

C’est en tous cas comme ça que les femmes de pêcheurs, rudes matrones aux mains calleuses, accueillaient, sans la moindre dérision, leur mari trempé au retour de journées de pêche hasardeuses et peu productives.

 

Pour se retrouver dans l’ambiance de l’époque, il faut imaginer que le « Wet at Sea ? » ne se pose qu’en hochant la tête sous  la coiffe cornique, ce qui est du plus bel effet. (Moins cependant que l’ondulation rythmée de la coiffe bretonne, liée à la fracture congénitale de la hanche, certes, mais tout de même).

Une façon de se dire bonsoir, en quelque sorte, mais avec cet humour rugueux qui fait encore aujourd’hui la joie des grands et des petits dans cet archipel qui manque cruellement , surtout à l’époque, de réjouissances plus spectaculaires.

 

Il est vrai qu’on n’avait pas encore inventé la course de Cornish Gigs du mercredi soir, réservée aux filles, où les descendantes des matrones susdites, calibrées comme des lutteurs de foire,  hurlant dans un sabir local , propulsent à des vitesses inouïes  des sortes de doris armés en pointe. On s’amuse avec ce qu’on trouve et comme disait le Géographe : c’est le terrain qui crée la culture

 

Bref, je vous l’a fais courte. (dommage, certes,  pour une publication scientifique de haute tenue. Mais Payen, le mari de la reine de Saba, ne plaisante pas avec le nombre de signes dans la présente revue du YCC).

 

Au printemps 1797, la date est attestée, un dénommé Jack Philwave, un brave gars de Tresco, s’embarque pour traverser le petit bras de mer qui sépare son île de St Mary, la capitale des Scilly, deux miles à peine, mais en plein courant.

 

Le garçon est costaud, mais la mer est cruelle.

Et le courant traversier.

On devine ce qui va arriver : Jack, pourtant un vrai costaud, se laisse embarquer et dérive sur son bâbord, direction l’Isle St Martin, qui a son attrait, certes, mais sur laquelle il n’y a pas le moindre pub pour réchauffer le marin.

 

Depuis St Mary, on surveille la scène, accoudé au bar du Mermaid, op cit.

Et on commence les paris. Y arrivera ? N’y arrivera pas ?

 

Les enchères montent : une Pinte de Guiness si il arrive avant la fermeture. Pari tenu !

Et Jo le ferronnier, deux cent vingt livres de muscle et une cervelle de colibri, n’est pas le dernier à relancer.

 

Jack Philwave ne sait rien de tout ça.

Les mains bleuies de froid, il souque comme un damné pour lutter contre le courant et arriver avant la fermeture.

 

Les minutes passent. Par dizaine.

Mais, c’est bien connu, on ne plaisante pas avec les horaires de fermeture dans les pubs de sa Gracieuse Majesté.

 

« Allez on va fermer ! crie le patron. Et une pinte pour le gros Jo, qui a gagné son pari ! »

 

Jo se retourne.

Pour vérifier qu’il peut boire sa Pinte en toute tranquillité.

Mais c’est quoi, ce Gig, qui descend le chenal ?

 

« Wait and see !» dit il en rigolant : Jack est malin. Le courant inversé l’emmène sur nous comme un fou de Bassan en plein piqué »

 

Et c’est vrai.

Jack Phiwave n’est pas un perdreau de l’année (là bas on dit « un Cormoran sorti du nid ». Mais c’est pareil. )

Il connaît ses courants et il vit avec une horloge à marée dans la tête, comme tous ceux qui préfèrent rentrer avant la nuit et limiter les courbatures.

 

Il est allé chercher la renverse tout près de St Martin et redescend le chenal à toute vitesse, « jus dans la raie » comme dit élégamment un gentleman de mes amis.

 

 

Encore quelques minutes et Jack Philwave saute à terre,  juste avant que sonne la cloche.

Jo le ferronnier n’a plus qu’à rendre sa pinte.

 

Entrée triomphale du héros du jour, trempé, fourbu,  mais rigolard.

« Wet at sea » ? l’accueille Jo , content de son astuce.

 

Et c’est ainsi qu’évolue le langage dans le monde maritime.

 

Voilà pourquoi, en éloge aux rudes marins de ce temps, les amateurs d’eau pétillante et de courant alternatif sont aujourd’hui réunis au sein de l’association « Wet and Sea », qui regroupe tous ceux qui fréquentent ces parages incertains, ces eaux rudes mais lumineuses, et ces pubs merveilleux.

 

Inscrivez vous !

 

Captain Bioman of Griffon.

9 février 2011

Les équipiers qu'on voudrait revoir bientôt

Aout_2008___CarteretDaddy Chantereau

Il n'y a pas d'âge pour retourner à la mer. La preuve : à 90 ans, le père du captain Bioman n'a pas oublié ses années de jeunesse passées dans la Royale, et , bon pied bon oeil, n'hésite pas à prendre la barre.
Respect !

 

 

 

 

 

 

 

Stéphane GouttenoireStephane_Goutenoire_aux_ordres

Après un gros baston en mer celtique (été 2009) nous n'avons pour l'instant jamais revu Stéphane à bord. Mais on ne désespère pas de le voir revenir avec femme et enfant.

Ses dispositions personnelles pour la discipline à bord et pour le respect de l'étiquette (voir photo) en font un équipier apprécié par le captain Bioman.

 

 

 

 

 

 

Pompon_le_marinier_du_val_de_GierFranck Ponsonnet

« Le marinier du val de Gier »

On sent que l’air breton fait du bien au Stéphanois d’origine, trop souvent éloigné du bord, mais toujours enthousiaste.

Sans compter que ses talents de bricoleur tous azimut lui permettent, à notre bonheur, de transformer n’importe quel  incident technique  en prétexte à installer un « atelier Bamako », où il excelle.

Qu’il nous revienne vite, les clés à molettes l’attendent !

Et nous aussi.

 

 

 

 

Louis-Bertand Raffour

Raffour

 

 

« Un ami de Carentan »

Cothurne du capitaine Bioman pendant toutes leurs (très) lointaines études, Louis Bertrand Raffour continue de venir cohabiter.

Pas assez souvent.

Il faut dire que sa réputation de régatier qui gagne systématiquement le tour de l’Ile d’Yeu (Sur son Soling. Sur Griffon,  il y aurait à dire…) l’oblige à un entraînement rigoureux sur son île de cœur

Les talents multiples et l’ubiquité du garçon nous épatent : gentleman-farmer Francomtois, ou régatier Ogien ?

Va savoir…

 

philippe_labro_3Philippe Labro

« Lui c’est lui. Moi c’est moi »

Quand il faut aller à la manœuvre, le jumeau patronymique ne fait pas dans la littérature !

Equipier régulier, il apporte à bord sa précieuse expérience corrézienne et la cargaison  roborative fournie en exclusivité par la Maison Labro (Etablissement sans succursale).

Amateur de régates comme de ballades, il est toujours attendu à bord, et ne croyez pas que c’est pour ses foies de canard .. !

 

 

 

 

Sophie LabroSophie___g_rie_penseuse_et_d_corative

« La Princesse Dodo »

Depuis une remontée besogneuse quoique  pré-conjugale vers les Isles Scilly, Sophie a gagné sa réputation de passagère  capable -de-ne-pas-quitter-la-cabine pendant plusieurs jours .

Réputation un peu usurpée quand même, puisqu’on l’a vu aussi à bord sous un soleil radieux (Voir photo)

N’empêche, c’est notre seule passagère qui, en bonne grenobloise,  vient naviguer avec un combinaison de ski,

Et pour ça, respect !

 

 

 

Christophe_de_Verdun_premi_re_trompette_sur_Griffon Christophe de Verdun

« Le Prince qu’on sort »

Pour se trouver  à bord aux cotés de Madame la Présidente de l’Adeg (op.cit) la femme de sa vie, cet individu (au demeurant bas- Normand) n’a pas trouvé mieux que de se faire embarquer comme première trompette du bord.

Et je peux vous dire que depuis, on dort peu dans les ports bretons !

Le clairon en permanence à portée de main, Christophe  évoque immanquablement cette vieille blague militaire : « trompette, où pisse-t-on ? »

 

 

 

Timothée de Saint Denis Thimot_e_de_Saint_Denis__Pr_sident_de_la_commisions_des_poids_et_mesures

« Toubib or not toubib ? »

Depuis que Timothée, jusqu’ici Directeur des Poids et Mesures à bord, a convoyé Griffon en  Irlande, nous sommes équipés dix fois mieux que n’importe quel bloc opératoire afghan.

Dommage que lui et son frère n’aient pas de pansements adaptés au bulbe de la quille…

Il n’empêche.

Quand il s’agit de décorer avec le goût le plus subtil le carré du bord, pas mieux que le bon docteur Timothée. Sans compter les élégances vestimentaires, qui nous manquent trop souvent.

A quand le prochain défilé de mode  à bord, dans cet inénarrable style carabin ?

 

 Eric_Schnitzler__Alsacien_vomisseurEric Schnitzler

« l’Associé »

Quoique Alsacien d’origine, de culture, et de gabarit… ce garçon préfère l’eau plate à l’eau pétillante.

Cette dernière lui monte au cœur, l’envahit bientôt, le chagrine, le bouscule, et finalement le précipite trop souvent le nez sous la filière. Dans un bruit dont j’éviterai la description.

C’est dommage pour la qualité de l’avitaillement  sur lequel il veille avec un soin d’alsacien, c’est dire.

Notons toutefois que ses derniers passages se sont montrés encourageants et qu’il n’est pas exclu qu’il arrive un jour à comprendre d’où vient le vent…

Qu’il persévère, c’est tout ce qu’on demande. !

Hop là ! comme on dit chez lui.

 

Delphine_GorodetskyDelphine Gorodetsky

« Bon sang, mais c’est bien sûr ! »

Quand on a la chance d’avoir à bord la championne de l’hémovigilance, c’est forcément tentant de se laisser aller aux coups et blessures, histoire d’avoir la chance d’être soigné par Delphine.

Oui mais voilà, son tempérament d’un calme absolu et les soins qu’elle prodigue en exclusivité à l’Alsacien de sa vie nous enlève toutes chances.

On restera donc civilisés.

Dommage…

 

 

 

Ah_les_filles___ah_les_fillesPierre-Gaël et Hélène Chantereau

« Les Twin Towers »

Evidemment, la question de la hauteur sous barreau devient vitale quand ces deux là sont à bord.

Mais on les attend avec impatience, en course ou en ballade.

Et bientôt avec le Prince Hector (op.cit) en gaillard d’avant.. !Pierre_Ga_ll__amateur_fils_d_armateur

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

P8250900Princesse Maud

Malgré un gène alsacien forcément très handicapant en matière maritime, Maud, la fille de "l'Associé", démontre que l'ADN se surpasse et qu'on peut devenir une très bonne équipière sur Griffon : air conquérant, droite dans ses bottes , regard vers l'horizon, tout y est !

Maud,  tu reviens quand tu veux !

 

 

 

 

 

 

 

 

 SighildSighild Blanc

"Ah Sighild m'était contée ! "

Frère et Tante équipiers d'Honneur, forcément, ça oblige...

Et voilà Sighild embarquée pour des moments inoubliables, en Irlande, dans les Anglos Normandes, en Bretagne.

Habile à la manoeuvre, efficace pour les cuirs de protection (une pièce porte son nom sur le hale-bas:"le martyr de Sig".Pour un peu, on envierait ledit martyr..)

Sighild revient quand elle veut !

 

 

 

 

Gwendal BlotinGwendal Blotin

"Blotin et Philippin sont dans un bateau "

Ami d'enfance du Philippin Number One, et garanti 100% cotentinois sans ajouts ni colorants, "Gwen" devait inévitablement venir à bord.

Il y aura decouvert à la fois les délices de la Cornouailles et l'incroyable voracité des crabes de Barneville, qui font sur le safran et sur le saumon de quille des dégats considérables ...

N'empêche, 12h30 en route directe sous spi seul, de Plymouth a Carteret, ça reste un bon souvenir !

Gwen, on recommence des qu'on peut !

 

JF Arrue

Jean-François Arrue

"La rosette de Lyon"

Quoique éminemment plus distingué (officier de la légion d'honneur... Respect) que le captain Bioman, cet équipier lyonnais partage avec lui une vision "valvulaire" du monde, ce qui crée une complicité halieutique immédiate.

Grand amateur de wisky haut de gamme et chanteur au répertoire infini, Jean-François (en marinière spéciale Montebourg sur la photo) égaye nos courses en Manche (longues...) et veille aux choix des restaurants à l'escale. 

Voilà qui est précieux !

 

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9 février 2011

La génération des équipiers du XXIème siècle

sixte_blancSixte of Griffon


A tout seigneur tout honneur, Sixte est l'enfant d'une rencontre faite à bord. Voilà des conditions idéales pour devenir dans quelques années un équipier de choc. Surtout quand la première sortie en mer à été faite à l'age de 3 mois.

 

 

 

 

 

 

Hector_le_cador___quipier_de_chocPrince Hector


Premier petit fils du captain Bioman, Hector n'a aucune chance d'y échapper... ! comme on le voit sur la photo, il dispose à 6 mois de tout l'équipement nécessaire pour affronter la mer au large de Carteret.

 

 

 

 

 

Marion
Authentique Carteretaise, apprentie monitrice à l'école de voile, elle a su rapidement trouver une place à bord, entre deux régates de 420. Parions que dans l'avenir elle jouera un rôle clé dans la tribu de Griffon.

 

Margaux_et_Captain_BiomanMargaux Viard

Petite fille d'équipière de la première heure, fille d'équipier d'honneur, ne faites pas semblant de vous étonner que Margaux soit déjà à la barre de Griffon !

Elle y commence son apprentissage, comme il est normal dans ce beau pays du Cotentin, où on acquiert très tôt le sens de la mer, en principe pour ne plus jamais le perdre.

Bienvenue à bord, Margaux ! 

18 avril 2010

Yann Souriau, le "Couteau Suisse"

Yann_Souriau__Equipier_d_honneur__Crepin_des_AlpesCe garçon détient à bord le titre très respectable de "Crépin des Alpes", puisque c'est à lui qu'on doit tout le travail de cuir fait sur le bateau, et en particulier l'habillage de la barre, chef d'oeuvre qui mériterait d'être déposé au pavillon de Breteuil à Sèvres... Comme cuisinier, il est celui qui a fait découvrir aux équipages de convoyage les délices de la cuisine asiatique (aucun décès à ce jour) et les 1887 manières différentes de réutiliser les pâtes de la veille...

En matière de navigation, Yann détient le record de durée à la barre, catégorie nocturne, dans une mer Celtique peu aimable...

Enfin, comme on le voit sur la photo, Yann Souriau est l'inventeur de la version cabriolet de Griffon, qui lui permet de naviguer sous la pluie en gardant les pieds au sec !! Par ailleurs, Yann est le seul équipier qui connait par coeur la carte du ciel et la géologie des côtes.

Son statut particulier de "Géologue-Astrologue-Cuisinier-Chanteur de Bobby Lapointe-Bourrelier" lui a valu sa plaque d'équipier d'honneur malgré son absence en régate.

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21 février 2009

Dossier "Historique"

GRIFFON est né de la volonté de Pierre Messmer, à l’époque Ministre de la Défense du Général de Gaulle, désireux de faire naviguer les jeunes officiers français de Saint-Cyr et de l’Ecole de l’air.

(Dans l’année qui a précédé sa mort en 2007, Pierre Messmer, qui gardait un souvenir précis du bateau, avait par écrit accepté d’en être nommé « Equipier d’Honneur ». Il n’aura cependant pas pu renaviguer sur le bateau, bien qu’il en ait exprimé le souhait )

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1967. Pierre Mesmer, Ministre de la Défense du Général de Gaulle, initiateur de la commande de GRIFFON

En 1966, le projet d’un admiraler est inscrit au budget, une association, l’ECCTA, est créée pour veiller à la gestion de GRIFFON.

L’architecte ne sera finalement pas André Mauric, sollicité initialement, mais Pierre Lemaire, connu à l’époque pour avoir dessiné Pen ar Bed, qui intrigue par ses performances depuis sa victoire dans le championnat du RORC en 1962.

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Pierre Lemaire, Architecte de Griffon

Les Constructions Mécaniques de Normandie à Cherbourg livrent le bateau en 1967, après un travail remarquable  de bois moulé et dans des échantillonnages prévoyants …

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1966 : Constructions Mécaniques de Normandie. Le tout début du chantier

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1967. Griffon aux CMN, juste avant sa mise à l’eau

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1967. Griffon sort des chantiers de Cherbourg

Géré par l’Ecole Navale pour le compte de l’ECCTA, le bateau accueille chaque saison un grand nombre de jeunes officiers désireux d’en découdre en Manche contre les équipages britanniques qui règnent alors en maîtres sur la course-croisière.

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1967. Première mise à l’eau dans le port de Cherbourg

Mais dans l’ensemble GRIFFON déçoit, contraint par une jauge  qui s’accommode finalement mal du surpoids d’une construction précautionneuse. Le bateau est sous toilé, les performances par temps calme s’en ressentent, les résultats sont frustrants.

Il n’empêche, GRIFFON a fière allure  et construit de bons souvenirs pour des dizaines d’équipiers, jeunes officiers embarqués le temps d’une course, ou équipiers fidèles courant au fil des ans jusqu’à la revente en 1990.

Un amateur achète le bateau désormais surclassé, avec l’idée d’une restauration par lui même, à peu de frais.

Mais les moyens manquent et petit à petit le bateau se dégrade à quai, sans espoir semble-t-il de retrouver un jour la mer et les régates.

Le courtier Loïc Blanken, qui a l’œil, le prend à la vente fin 2001.

Son actuel propriétaire cherche une unité classique depuis longtemps. L’affaire se traite à Camaret au printemps 2002.

Le bateau part immédiatement chez Stagnol à Bénodet pour des travaux de remise en état.

.

Tout début août 2002, GRIFFON reprend la mer pour une croisière d’essai : dès les premiers bord dans l’Odet, le résultat est à la hauteur des espérances  (et des budgets investis…) : Griffon a gardé toute son allure et retrouve son appétit de performances.

Automne 2002 : le bateau revient à  La Rochelle  pour recevoir une nouvelle peinture de coque chez PINTA et des reprises d’aménagements intérieurs.

Depuis le printemps 2003, Griffon court régulièrement en Manche et en Atlantique dans ses eaux d’origine, pour la plus grande satisfaction d’un équipage à la fois motivé pour gagner et très impliqué dans son entretien régulier.

21 février 2009

Identification

GRIFFON

Immatriculation à CAMARET.

Prototype pour la plaisance et la course croisière.

Livré en 1967 par les Constructions Mécaniques de Normandie, à Cherbourg.

2.  CARACTERISTIQUES

Dimensions.

Longueur hors tout.                           12.40 m

Longueur de la coque, au pont.          11.93 m

Largeur au maître-bau.                       3.23 m

Tirant d’eau.                                       2.05 m

                                  

Déplacement (exprimé en tonnes).                                             8.3 T

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1967.Les autorités militaires, civiles, et religieuses, pour le lancement de GRIFFON

21 février 2009

Note de Synthèse

  • Au plan historique :

Griffon est le seul bateau de course-croisière construit à l’initiative de la puissance publique, et aux seuls frais du budget national. Exposé au salon nautique lors de son lancement, il était alors le plus gros bateau du salon. Ni avant Griffon ni depuis, les pouvoirs publics n’ont témoigné de leur intérêt pour la course croisière au point de financer intégralement un bateau affecté au seul usage sportif des Armées.

·        Au plan technique :

Griffon est un remarquable témoignage du savoir faire et de la qualité de construction des années 1960 pour la technique du bois moulé, telle que la pratiquait avec une parfaite maîtrise les Constructions Mécaniques de Normandie à Cherbourg.

Les soins apportés à la construction, sous le contrôle des ingénieurs de la DCN, permettent au bateau d’être, 40 ans après, dans son état d’origine, et laissent envisager encore de nombreuses années d’utilisation intensives.

·        Au plan de la notoriété :

Griffon a accueilli à son bord de très nombreux jeunes officiers de Saint Cyr et de l’Ecole de l’Air, pour les courses les plus célèbres de l’époque : Cowes- Dinard, le Fastnet, l’Admiral’s cup, Saint Malo-La Rochelle etc…

Les revues nautiques de l’époque (Bateaux notamment) ont fait le compte-rendu régulier de ces régates, et témoignent de la notoriété du bateau tout au long des ces années de régates.

Encore aujourd’hui, Griffon est repéré à chaque escale par d’anciens compétiteurs qui ont eu la chance de courir à bord ou contre lui, et qui témoignent volontiers de l’organisation de la vie à bord et de l’esprit de course à cette époque où la limitation des aides à la navigation donnait encore toute son importance à l’esprit marin, à l’intuition et à l’engagement collectif dans la manœuvre.

·        Au plan de la rareté :

Pierre LEMAIRE, (voir Photo) architecte de talent (Pen Ar Bed notamment), n’a eu qu’une production très réduite. GRIFFON est son plan de plus grande taille, et probablement son dessin le plus abouti. Dans ces années soixante où la production française était encore très artisanale, Griffon est un témoignage unique par son dessin. Deux ans après sa sortie, les bateaux de course croisière entreront de manière irréversible dans l’ère des matériaux de synthèse.

·        Au plan de l’authenticité :

Griffon est, pour l’essentiel, dans son état d’origine grâce à la qualité remarquable de sa construction.

Si les échantillonnages choisis à l’origine ont probablement handicapé les performances du bateau en compétition, en revanche, ils lui ont assuré une extraordinaire résistance dans des conditions d’utilisation très intensives, ce dont il y a tout lieu de se réjouir aujourd’hui.

Les modifications : intervenues lors de la restauration de 2002 consistent essentiellement

1.    Dans la modification du roof, rendue indispensable par sa quasi destruction au moment du rachat, faute d’un entretien adapté. Le nouveau dessin, qui s’éloigne le moins possible de l’état d’origine,est du à l’architecte Stagnol, et a permis de trouver une  hauteur sous barrots indispensable aux équipiers d’aujourd’hui (quarante ans après, le gabarit moyen de l’équipier s’est considérablement élevé…)

2.    Dans un léger allongement de la pelle de safran, afin de faciliter la tenue du cap sous spi, cette amélioration ayant été fortement suggérée par les équipiers de l’époque, qui se plaignaient beaucoup de la nécessité d’être deux à la barre pour tenter d’éviter sous spi de « partir au tas » à la moindre survente…

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Yachting Classique - Griffon 2006
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