A propos du   Triangle des Bermudes: la vérité vraie.

triangle_des_bermudesOn s'interroge, on débat, on s'interpelle sur l’origine de l'expression "Triangle des Bermudes" .

L'histoire remonte en fait au siège de Maastricht, qui avant d'être le nom d'un traité difficilement prononçable   par un citoyen ordinaire, a été, vous vous en souvenez la
bataille ou pérît d'Artagnan, le vrai, l'authentique, le   mousquetaire du roi. Grande gueule, mais sympa. On en connait tous. Et c'est courant chez le militaire. Chez le Mousquetaire,  c'est la règle. Chez le plaisancier, c'est une option souvent choisie.

D'Artagnan était , en sus de ses amitiés   viriles et arrosées avec ses trois autres comparses , très lié avec un certain Müdde, aubergiste de son état, grand pourvoyeur de diner festifs.

Ce bon Müdde, le tenancier, honorablement connu dans son village de Maastricht, se faisait appeler le père Müdde, comme il est courant à cette époque et plus encore chez les Bataves  

On se rappelle qu'à cette époque, ces gens étaient nos ennemis. Ou le contraire. C'est selon. Car, comme le disait finement Desproges, le grand philosophe, "l'ennemi est con. Il croit que c'est nous l'ennemi. Alors que c'est lui.".

 Müdde, à la mode de son époque, portait beau et s'affublait d'un magnifique chapeau à plume comme nous en avons tous vu dans la peinture flamande. Par exemple, dans le célèbre "Ronde de nuit", où toute une bande de types armés jusqu'au dents cherchent dans le noir quelque chose que les historiens de l'art n'ont jamais pu identifier:

Donc, ce bon père Müdde, est habillé comme à son époque avec un tricorne et une plume. Sur le tricorne, la plume, et non pas, comme j'entends ricaner dans mon dos, à un endroit que la morale réprouve. Encore que la morale soit en réalité souvent muette sur ces pratiques, ce qu'on pourrait regretter.

Müdde, et c'est là que la chose devient vraiment intéressante, la veille même du début de la fin du siège de Maastricht, sort devant sa terrasse pour prendre un petit moment de repos ma foi bien mérité.
On sait que c'est pas si facile de servir une horde de mousquetaires impatients quoiqu'emplumés. Et assoiffés, quoique à cheval.

Pour s'éponger le front, comme tout un chacun, il pose son tricorne Une bourrasque l'emporte.
Zut alors.
Envolé le chapeau à plume. Exit le tricorne.
Introuvable .
Disparu.
On cherche.
On retourne tout.

 

Arrive une escouade de mousquetaires du Roi, à la recherche d'un terrain de jeu On s'interroge. C'est quoi toute cette agitation ? Qu'est ce qui se passe ?

"il a disparu le tricorne du Père Müdde" tente d'expliquer dans son sabir le maitre-queux de l'auberge, fidèle second du père Müdde, établi avec lui comme son propre père avant lui et ainsi de suite en remontant jusqu'à sept générations,.

 

Disparu où ? Questionne un lieutenant plus malin que les autres, comme c'est normal chez les Mousquetaires.( Voilà une organisation sociale, le mousquetariat , qui respecte les règles que le bon sens nous donne: les plus malins commandent, les autres font ce qu'il   peuvent pour devenir plus malins. C'est de là qu'est né le fameux "théorème de Peter". Et les pratiques de la Royale..)

"Chai pas", répond un batave en mâchouillant sa saucisse. "Il a dichparu, le tricorne du père Müdde".

Le lieutenant, amputé de l'oreille gauche par un malencontreux coup de sabre à la suite d'une rixe, répète ce qu'il a compris "Ah, il a disparu à tribord du Père Mûdde" ? ! Etonnant ? Vous êtes sûr ??"

"Chai pas reprend l'autre. Che crois que ch'est plutôt que tout dichparait, tout lache, tout pache, sauf la potache d'Alchache"

Cette vieille plaisanterie alsaco-batave, qu'ignore le lieutenant, ne le fait pas rire.
C'est qu'on est chatouilleux, dans le mousquetariat.

"Je vais t'en faire voir, moi de la potache."

Incompréhension.
Insultes.
Bagarre.
Coups de poings.

Le Batave, handicapé par sa saucisse en cours de machouillage, plie devant le mousquetaire, recule, tombe dans le tricorne que personne n'avait vu. Et reste coinché. Euh, coincé.. (j'ai oublié de dire qu'à l'époque, on ne mollit pas sur l'amidon dès lors qu'il   s'agit d'avoir le tricorne triomphant).
Fin de   l'épisode.

triangle_des_bermudes_peintureL'anecdote se raconte, bien entendu.
On s'en vante.  
On la répète à l'envie.
L'histoire de ce "pauvre batave, disparu dans le tricorne du père Müdde" se relaie de régiment en régiment, court partout, atteint les ports, se raconte au bistrot du coin, fait rire des générations de marins assoiffés, se déforme.

En 1834, à Douarnenez, on relève pour la première fois l'expression "le pauv' gars, il est tombé sur la tringle des basses mures, et il a disparu".
Les linguistes relèvent sans comprendre. L'expression n'a aucun sens.

L'histoire continue cependant de courir partout et de faire hurler de rire les marins de tous bord, Portugais de retour de terre-neuve, marin pêcheurs de la baie de Somme, pêcheurs de coques pourtant si dur au mal.

En 1869, le capitaine de corvette De Gaillard relève dans la baie d'Along, à l'occasion d'une patrouille en jonque, l'expression "on est planté. Pas de zef, mon capitaine. On se croirait dans le triangle du Père Fouettard".
Le fait est avéré. Le Capitaine de Gaillard fera d'ailleurs une note à l'Amirauté pour se plaindre "des déficits de formation des nouvelles générations de matelots, lesquels devraient plutôt se concentrer sur l'apprentissage des manœuvres plutôt que de répéter des expressions difficiles à comprendre, susceptibles de gêner la manœuvre, déjà que l'indigène n'est pas forcément paisible dans ces contrées lointaines et qu'on ne sait jamais ce qu'ils pensent, ces faces de citrons".
La requête n'a pas de suite.

En 1904 ou 1905, pendant les préparatifs de l'expédition à Nankin, un "'sous off" des troupes de marine, corps d'élite, engueule un subordonné en le menaçant "de le faire disparaitre dans le triangle des Bermudes". Le dit subordonné  reste coi. Le motif de la querelle n'a pas été consigné.
Le commandant Spiralou, bon marin d'origine Grecque naturalisé à sa demande en 1887, relève l'expression et lève la punition.
On trouve mention de cet incident curieux, complétée d'une annotation dans son carnet de bord, qui finira déposé au pavillon de Breteuil à Sèvres..

Le petit neveu dudit Commandant Spiralou retrouve le carnet, le transmet aux autorités.

L'expression est adoptée.

En 1937, lors de grandioses manœuvres communes avec la flotte de sa Majesté, l'amiral français câble à son collègue Britannique   dont le navire menace de croiser sa route le message suivant " Virer sur votre bâbord ou je vous fais disparaître dans le triangle des Bermudes"
Le H.M.S Glory s'exécute.
Et câble à son tour "OK mais c'est où, votre p... de triangle des Bermudes ??   "

"Tu crois peut-être que je vais te le dire ?" rétorque l'amiral Français qui a suffisamment d'expérience pour savoir que l'anglais est   fourbe et qu'on ne donne jamais ses bons coins de pêche.

Et c'est ainsi qu'est entrée dans les mœurs navales et halieutiques l'expression sur laquelle vous vous interrogeâtes sans succès   mais dont vous connaissez désormais l'origine.

Par la même occasion vous avez là l'origine des griefs qui devaient mener au drame de Mers El Kebir.

Captain Bioman of Griffon.
Taxinomiste.
Archéologue.
Breveté de 50 m Nage-libre