• Au plan historique :

Griffon est le seul bateau de course-croisière construit à l’initiative de la puissance publique, et aux seuls frais du budget national. Exposé au salon nautique lors de son lancement, il était alors le plus gros bateau du salon. Ni avant Griffon ni depuis, les pouvoirs publics n’ont témoigné de leur intérêt pour la course croisière au point de financer intégralement un bateau affecté au seul usage sportif des Armées.

·        Au plan technique :

Griffon est un remarquable témoignage du savoir faire et de la qualité de construction des années 1960 pour la technique du bois moulé, telle que la pratiquait avec une parfaite maîtrise les Constructions Mécaniques de Normandie à Cherbourg.

Les soins apportés à la construction, sous le contrôle des ingénieurs de la DCN, permettent au bateau d’être, 40 ans après, dans son état d’origine, et laissent envisager encore de nombreuses années d’utilisation intensives.

·        Au plan de la notoriété :

Griffon a accueilli à son bord de très nombreux jeunes officiers de Saint Cyr et de l’Ecole de l’Air, pour les courses les plus célèbres de l’époque : Cowes- Dinard, le Fastnet, l’Admiral’s cup, Saint Malo-La Rochelle etc…

Les revues nautiques de l’époque (Bateaux notamment) ont fait le compte-rendu régulier de ces régates, et témoignent de la notoriété du bateau tout au long des ces années de régates.

Encore aujourd’hui, Griffon est repéré à chaque escale par d’anciens compétiteurs qui ont eu la chance de courir à bord ou contre lui, et qui témoignent volontiers de l’organisation de la vie à bord et de l’esprit de course à cette époque où la limitation des aides à la navigation donnait encore toute son importance à l’esprit marin, à l’intuition et à l’engagement collectif dans la manœuvre.

·        Au plan de la rareté :

Pierre LEMAIRE, (voir Photo) architecte de talent (Pen Ar Bed notamment), n’a eu qu’une production très réduite. GRIFFON est son plan de plus grande taille, et probablement son dessin le plus abouti. Dans ces années soixante où la production française était encore très artisanale, Griffon est un témoignage unique par son dessin. Deux ans après sa sortie, les bateaux de course croisière entreront de manière irréversible dans l’ère des matériaux de synthèse.

·        Au plan de l’authenticité :

Griffon est, pour l’essentiel, dans son état d’origine grâce à la qualité remarquable de sa construction.

Si les échantillonnages choisis à l’origine ont probablement handicapé les performances du bateau en compétition, en revanche, ils lui ont assuré une extraordinaire résistance dans des conditions d’utilisation très intensives, ce dont il y a tout lieu de se réjouir aujourd’hui.

Les modifications : intervenues lors de la restauration de 2002 consistent essentiellement

1.    Dans la modification du roof, rendue indispensable par sa quasi destruction au moment du rachat, faute d’un entretien adapté. Le nouveau dessin, qui s’éloigne le moins possible de l’état d’origine,est du à l’architecte Stagnol, et a permis de trouver une  hauteur sous barrots indispensable aux équipiers d’aujourd’hui (quarante ans après, le gabarit moyen de l’équipier s’est considérablement élevé…)

2.    Dans un léger allongement de la pelle de safran, afin de faciliter la tenue du cap sous spi, cette amélioration ayant été fortement suggérée par les équipiers de l’époque, qui se plaignaient beaucoup de la nécessité d’être deux à la barre pour tenter d’éviter sous spi de « partir au tas » à la moindre survente…